08/03/2015

Femmes en politique: sortons de l’impasse!

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Les périodes électorales sont entourées par de nombreuses traditions, dont celle de la préoccupation générale pour la question de la représentation des femmes sur les listes et dans les parlements (ou collèges). Mais ce n’est pas uniquement la question qui revient – le statut quo discursif également. Ainsi, la droite, à quelques exceptions près, continue à ne rien faire; et la gauche s’auto-félicite d’avoir gratté suffisamment parmi ses membres pour pouvoir montrer une parité (comme chez les Verts) ou un quota (comme au PS). Institutionnellement, on fait des apéros « réseautage » et on distribue des manuels qui font passer en revue les stratégies de communication et le bon usage des réseaux sociaux. Je suis loin de vouloir fustiger ces efforts mais il est vrai que face aux 70% de sièges occupés par les hommes, les stratégies déployées actuellement laissent à désirer.

 

Sortir du discours « femmes » pour plus d’égalité

Ça peut paraître paradoxal, mais une des pistes qui pose à mon sens problème dans l’approche actuelle de la question d’égalité en politique, c’est la focalisation quasi-essentialiste sur la « politique au féminin ». D’abord, parce que la communication, institutionnelle, associative ou partisane sur la question semble s’adresser systématiquement à un groupe homogène au sein du monde politique. Bien évidemment, les femmes peuvent rencontrer des problèmes similaires dans leur parcours politique, mais en dehors de ces problèmes, l’engagement s’est diversifié. On peut être une débutante qui a besoin d’un coup de main tout comme on peut être une « bête » expérimentée, une « ténor » polémique ou une « travailleuse discrète ». Malgré toutes les oppositions réactionnaires, le fait d’être une femme limite de moins en moins l’éventail de rôles que l’on peut jouer sur la scène politique. Il faut donc reconnaître le fait que qu’une communication qui ne prend pas en compte cette diversité est vouée à l’échec.

 

Le deuxième souci de l’approche actuelle consiste dans le fait qu’elle semble ignorer le nombre croissant d’hommes qui portent avec beaucoup de conviction et d’engagement la cause de l’égalité. Le présupposé éternel selon lequel les femmes sont les seules (ou meilleures) ambassadrices de cette cause dans l’arène politique ne rend pas justice à ces hommes – et, au final, décourage la transformation de l’appropriation de la question d’égalité par l’ensemble de la société. La lutte pour l’égalité ne peut plus se limiter aux groupes subissant directement son absence (peu importe le domaine, d’ailleurs) : sa survie est conditionnée à l’ouverture.

 

Partis politiques: tout reste à faire

Malgré les efforts considérables des collectivités publiques dans le domaine de l’égalité, la responsabilité principale reste auprès les partis politiques. Le recrutement des candidatures féminines ne devrait pas commencer la veille de clôture des listes, la représentation dans les organes dirigeants n’est de loin pas juste une affaire de modifications statutaires. Ce qui nous manque – même à gauche – c’est une véritable politique de formation. Mais non pas une formation « femmes » ou « hommes », une formation axée sur les capacités, engagements et disponibilités de chacun. La politique est une affaire indéniablement polarisante, stratégique et conflictuelle : même si nous l’affrontons tou-te-s de manière différente et que nous rencontrons des difficultés variées, les outils techniques de compréhension et analyse sont la base d’un engagement efficace. Ces outils ne relèvent pas du procéduralisme, ils sont vitaux afin de donner à celles et ceux qui aiment le bruit de moteur assourdissant de la politique la possibilité de le supporter le plus longtemps possible. Tout cela pour un but ultime: rendre la société plus juste. Et plus égalitaire.

 

16:26 Publié dans Genève, Humeur | Tags : femmes, élections, 8mars | Lien permanent | Commentaires (0)

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