08/10/2012

"Salope de posture politique" ou le combat des évidences

En réponse à Olivier Francey

Dans son dernier polaroïd, Oliver Francey soulève une question très intéressante face à la vague médiatique suite à la première Slutwalk Suisse. Une "exhibitionniste" (je cite Olivier Francey) qui expose, à une heure tardive et dans un quartier incertain, ses bijous de famille, serait-elle sujette au même raisonemment qu'une fille exposant sa beauté, sa jeunesse et ses belles jambes?

Oui. Et non.

Reviendrons aux évidences.
Porter une montre chère ne justifie pas le vol, voire une agression, tout discours politique affirmant le contraire est du populisme ordinaire, de gauche comme de droite, une tournure visant à dire ce que les autres veulent entendre. On sait aussi que crier contre le populisme est aussi efficace que prier contre la pluie, la seule réponse efficace étant l'action. Donc oui, le même raisonnement s'applique.

Reviendrons encore une fois aux évidences.
En tant que femme de gauche, je milite pour une société ou chacun-e, peu imorte sa vision du monde ou bien ses révenus, puisse bénéficier de la sécurité qui est, à mes yeux, un droit humain. Mais pour faire de la politique, il faut avoir des priorités, que l'on résume si souvent sous le terme de "posture politique": connaître celles et ceux qu'il faut défendre en premier pour arriver à son but sociétal. Et là, pour une femme de gauche, la réponse est claire: Oui, les femmes, les noirs, les pauvres, les étrangers, les chômeurs: tous celles et ceux qui sont si souvent exlcus de l'égalité de traitement que l'on prône. C'est avant tout leur "exhibitionnisme" que je protège, leur droit à une existence digne. Donc non, le même raisonnement ne s'applique pas a l'exposition de sa richesse et celle, inévitable, de son corps.

C'est également dans ce sens-là que le message de la Slutwalk fait plus que "rappeler les évidences": ils nous rappelle qu'il y a des priorités à avoir car "la force d'une communauté, une évidence que l'on n'entend pas assez souvent, se mesure au bien-être du plus faible de ses membres."


Olga Baranova,
membre du comité d'organisation de la Slutwalk Suisse